Engagements

AGIR POUR METTRE EN VIE LES VALEURS DES FRANCAS SUPPOSE, A MINIMA, DE DEFINIR UNE PERSPECTIVE GLOBALE DE SOCIETE.

Cinq principes la caractérisent, pour les Francas :

• Une République et une démocratie fondée sur le respect et la mise en œuvre des Droits de l’Homme et du citoyen

L’espace démocratique recouvre les droits et obligations sur lesquels les citoyens d’un État de droit doivent s’entendre. C’est l’espace de la Loi qui assure le respect de la liberté de chacun. Régi par l’État, cet espace est gouverné par des femmes et des hommes élus par le peuple. La démocratie est l’organisation qui garantit et organise la société de telle manière que soient applicables les Droits de l’Homme. Depuis 1989, les Droits de l’enfant engagent également de nombreux pays. Droits de l’Homme et Droits de l’enfant sont à la fois des objectifs à atteindre et des principes à respecter. Ils doivent inspirer les conditions de mise en œuvre et les méthodes de l’action éducative des Francas.

• Une économie au service de l’Humain

Il est commun de dire aujourd’hui que l’économie « gouverne le monde ». C’est plutôt la recherche incessante de profits toujours croissants et dédiés à toujours moins de personnes qui pèse trop lourdement sur ce monde. Dès 1974 les Francas ont affirmé que la recherche du profit est en soi un obstacle au développement de politiques éducatives pour tous les enfants. Le libéralisme n’est pas compatible avec les Droits de l’homme et les valeurs qui les sous-tendent. En cela, il est un obstacle à la réalisation du projet des Francas. Ces derniers revendiquent l’existence et la défense d’espaces de régulation pour réduire le plus fortement possible les inégalités engendrées par la liberté quasi-totale du marché. Les pouvoirs publics ont ici un rôle essentiel à jouer. En relation avec tous les acteurs sociaux, ils doivent agir pour inverser la tendance à la « marchandisation » de l’Éducation, comme de l’action éducative pour permettre à tous les enfants et adolescents de bénéficier d’une éducation de qualité.

• Une société tournée vers l’avenir et porteuse de progrès pour tous les hommes « La politique, c’est le goût de l’avenir », écrivait Max Weber. Si on croit en l’avenir, au changement et à l’évolution, si l’on considère la politique comme une volonté de transformation du monde, le concept de progrès prend alors véritablement du sens.

Face au développement d’une « culture de l’immédiateté et de sacralisation du présent », face à la fracture Nord /Sud qui ne cesse de grandir, les Francas rappellent leur conception du Progrès, comme étant l’amélioration du sort de tous les êtres humains. Ainsi les évolutions, les inventions ou les découvertes diverses et variées ne participent au progrès que si elles profitent à toute l’Humanité.

Nous ne sommes pas dans la contemplation. Coresponsables, nous sommes capables d’agir sur le monde. A la fatalité, les Francas opposent leur conviction d’un progrès possible. Ils affirment leur détermination à agir, avec d’autres, pour un « monde meilleur ».

• Une société qui considère l’éducation comme moteur de développement et de progrès humain « L’éducation, c’est l’ensemble des influences d’origines et de natures diverses qui s’exercent volontairement ou non sur l’individu ou que l’individu exerce sur son environnement et qui, en se conjuguant, contribuent au développement de sa personne » . Il en découle que : - L’éducation est forcément globale et continue. Elle ne peut être réfléchie de manière fragmentée.

  • Toute action éducative porte en elle une double finalité : le développement de la personne dans sa singularité et le développement de la société. Car si l’éducation vise l’épanouissement des individualités, elle le rend possible par l’action collective. En se confrontant aux autres, l’individu, s’il se construit personnellement, structure aussi ses relations sociales avec eux.

De fait, l’éducation est un moteur de développement et de progrès pour la société dans son ensemble. Les politiques nationales et locales en matière d’éducation doivent donc traduire l’ambition de la Nation face à cet enjeu. Etat et collectivités territoriales, à leur niveau de compétences respectif, doivent créer les conditions et consacrer les moyens nécessaires à la réalisation de cette ambition nationale.

• Une société prenant en compte le développement durable

L’émergence de la notion de développement durable dans la conscience collective est un élément marquant des évolutions sociétales récentes. L’adossement à la Constitution française de la Charte de l’Environnement au même titre que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et que le Préambule de la Constitution de 1946, en est une traduction formelle. Esquissé lors de la conférence des Nations Unies sur l’environnement de 1972 et formalisé par le rapport Brundtland (1987), le développement durable se doit de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ; il accorde une part importante de ses propositions aux besoins essentiels des plus démunis et repose sur l’idée d’une limitation du prélèvement et de la préservation des ressources naturelles. Les Francas, pour leur part, se reconnaissent plutôt dans la définition élargie lors des Sommets de la Terre (Rio 1992, Johannesburg 2002) qui place la justice sociale et le combat contre la pauvreté comme des principes primordiaux d’un développement qui serait durable. Cela signifie pour les Francas que les volets humains, sociaux et économiques du développement durable (la solidarité, l’équité, le partenariat, la coopération) sont aussi fondamentaux que la protection de l’environnement.

  1. REVENDIQUER UNE PRISE EN COMPTE PLUS FORTE DE L’EDUCATION DANS LE TEMPS LIBRE, DONC DES LOISIRS EDUCATIFS, PAR L’ENSEMBLE DE LA SOCIETE « La finalité de l’action des Francas est la personne humaine et son bonheur» . Les Francas s’attachent « à favoriser, dès l’enfance, le développement de la personne, tant dans sa dimension individuelle que dans sa dimension sociale et, pour ce faire, cherchent à développer les potentialités dont la personne est porteuse ». Les Francas distinguent l’éducation, qui tient à la vie dont elle a l’ampleur et la complexité, de l’action éducative qui n’en est que la partie maîtrisable. L’éducation est globale et continue. Toute action éducative -consciente, volontaire et finalisée- n’est qu’une contribution qui s’inscrit dans la globalité et la continuité de l’éducation. En tant que Mouvement œuvrant pour l’éducation de tous les enfants et adolescents, les Francas développent une action complémentaire de celle de l’école et de la famille. Les enfants et les adolescents eux-mêmes, les enseignants ainsi que les parents, sont donc des interlocuteurs privilégiés des Francas. Le partenariat avec eux doit sans cesse être recherché et enrichi. Les Francas doivent encore être demain un « lieu ressource » pour tous les acteurs éducatifs mais aussi s’inspirer des idées et attentes de ces mêmes acteurs pour faire évoluer le projet du mouvement.

    2.1 Affirmer l’importance du temps libre dans l’éducation

Les Francas ont une vocation indissociablement éducative, sociale et culturelle. Leur projet consiste à faire partager par le plus grand nombre le fait que le temps libre des enfants et des adolescents participe à leur éducation, au même titre que le temps scolaire et le temps de vie en famille. Ces trois temps sont complémentaires.

Les Francas revendiquent cette ambition et agissent pour la concrétiser, en stimulant la création et l’animation d’espaces où chaque enfant pourra bénéficier d’un temps libre éducatif de qualité.

2.2 Agir pour une mobilisation plus forte de l’ensemble de la société

La réalisation de cette ambition passe par une double nécessité : la participation de tous à l’éducation d’une part, une action publique plus volontariste d’autre part.

• La participation de tous à l’éducation

Pour les Francas, l’apprentissage du « vivre ensemble » doit s’inscrire dans la durée et nécessite d’être valorisé pour ce qu’il permet : construire le progrès humain.

Accepter l’autre dans sa (ses) différence(s) est le préalable incontournable à l’émergence de projets collectifs qui, tout en préservant la liberté individuelle, visent à instaurer des libertés collectives.

Les Francas sont et seront toujours davantage attentifs à toutes les formes de mobilisation et d’engagement au service de cette ambition. Au-delà, ils doivent eux-mêmes, à tous les niveaux, créer les conditions de rencontre et d’engagement où les volontés individuelles peuvent, en se combinant, participer à la mise en œuvre de leur projet.

C’est au niveau local que doit se structurer la mobilisation de tout un chacun. Un réel développement de l’action éducative n’est possible que si tous ceux qui interviennent auprès des enfants (enseignants, parents, acteurs sportifs et culturels…) sont associés à la définition d’un projet éducatif de territoire. Cette implication de tous dans l’action éducative offre du contenu à l’apprentissage du « vivre ensemble » et contribue de manière significative à la lutte contre toutes formes d’exclusion.

Le rôle des associations de jeunesse et d’éducation populaire dans le domaine de l’éducation est essentiel. Les Francas doivent agir pour que l’action publique respecte ce rôle plus encore et facilite l’initiative de la population au sein de ces associations. Les associations ne peuvent pas être considérées uniquement comme des opérateurs. Elles doivent aussi être considérées comme des lieux de rassemblement aptes à créer du dialogue, des propositions, de l’action, de l’interpellation, de la revendication.

 Une action publique plus volontariste

Forts de leurs travaux des vingt dernières années, et prenant en compte les évolutions importantes de la société, les Francas constatent que l’action éducative dans le temps libre en direction des enfants et des adolescents s’est largement développée. Ce développement prend des formes diverses et procède le plus souvent de la volonté d’une collectivité locale. En délimitant le cadre d’organisation des « activités accueillant des mineurs en dehors de leur domicile» , l’Etat a accru la nécessité d’une action publique en la matière. Malgré cela, le temps libre des enfants et des adolescents demeure un temps où les inégalités s’aggravent fortement.

A partir de ces constats, les Francas affirment qu’une action publique plus volontariste est nécessaire pour que chaque enfant, chaque adolescent ait accès, là où il vit, à des loisirs éducatifs de qualité. Compte tenu des évolutions en cours -marchandisation de l’éducation, construction européenne, décentralisation…-, les Francas doivent être encore plus offensifs pour que l’intervention des pouvoirs publics en matière de loisirs éducatifs pour les enfants et les adolescents soit plus importante. Dans cette perspective, les Francas doivent, dès à présent, prendre en compte l’articulation des responsabilités et des rôles respectifs de l’Etat et des différentes collectivités territoriales, leurs relations de partenariat avec les acteurs éducatifs. Et ainsi définir ce qui constituerait les bases d’une « société éducatrice ». Pour les Francas, l’État doit demeurer acteur -avec les prérogatives et instruments qui sont les siens- de la construction d’une société plus éducatrice. Il doit affirmer sa mission de régulation sur l’ensemble du territoire national.

A ce titre, il doit inciter fortement chaque collectivité locale à créer les conditions de mise en œuvre sur son territoire, d’un projet global d’accueil éducatif dans le temps libre, dont l’un des éléments de base est à minima le centre de loisirs, au sens où la loi l’institue . L’accueil éducatif sur un territoire local, tel que le conçoivent les Francas, doit résulter de la co-construction par tous ceux qui, sur ce territoire de vie, sont concernés par l’Education. Seule l’action des pouvoirs publics peut permettre, de garantir : - l’accès pour tous, sans discrimination de quelque nature que se soit, - la diversité et la qualité des propositions dont la diversité des pratiques culturelles, - l’implication des individus : pour qu’au-delà d’être usagers, ils soient acteurs.

  1. LES FRANCAS, UNE ORGANISATION INDISSOCIABLEMENT MOUVEMENT ET FEDERATION

En soixante cinq ans d’expérience au service de l’action éducative locale, les Francas ont largement contribué à l’évolution des loisirs éducatifs. A la fois mouvement d’hommes et de femmes, mouvement d’idées et donc mouvement d’influence, ils ont construit leur action sur une double logique, celle de Mouvement et celle de Fédération.

A certaines époques, le Mouvement a été privilégié pour mettre en œuvre le projet, à d’autres, c’est la Fédération qui en a été l’outil principal. Ces dernières années, l’influence de la Fédération a accéléré le développement de l’action éducative dans le temps libre des enfants et des adolescents, notamment grâce à la forte implication des collectivités locales. Ce développement, inachevé, doit être renforcé par une action forte du Mouvement, pour qu’au-delà des décideurs, ce soit l’ensemble des citoyens qui participe à l’amélioration de l’action éducative.

La double logique Mouvement-Fédération continue d’être un moyen efficace de mise en œuvre du projet. Pour être encore plus offensifs et plus exigeants demain, les Francas sont tenus d’agir et ce, sans conditions préalables de moyens de mise en œuvre. Il ne saurait y avoir d’idée pertinente sans traduction dans l’action. C’est ce qui anime les Francas depuis leur création. Pour convaincre de l’importance du temps libre et de la nécessité d’une mobilisation plus forte de l’ensemble de la société sur l’éducation, il faut s’adresser à de multiples interlocuteurs, dont notamment : - les pouvoirs publics, Etat et collectivités territoriales, - les médias, - les professionnels de l’éducation, les enseignants, les animateurs permanents et volontaires, - l’opinion publique et plus particulièrement les parents et les jeunes.

Le Mouvement doit être l’organe dynamique qui fait émerger les idées nouvelles, les expérimente et, surtout, les fait véhiculer par des acteurs engagés. C’est par le Mouvement que se réalise notre mission d’éducation populaire. Parce que nous considérons que l’avenir d’une personne ne peut être déterminé exclusivement par d’autres qu’elle-même, nous fondons notre action sur la responsabilisation et l’implication de chacun dans une démarche de transformation du présent. Le Mouvement doit se renforcer en devenant plus accessible et plus attractif pour tout un chacun. La base agissante est ouverte à tous et son action doit être structurée au niveau local, là où vivent les enfants et les adolescents. Les Francas doivent en particulier pouvoir rassembler demain des parents, des jeunes, des enseignants et des animateurs permanents. Pour cela, ils doivent poursuivre leur recherche sur les modes d’engagement des différents acteurs éducatifs et faire une place plus importante à chacun d’eux au sein du Mouvement.

La Fédération, quant à elle, doit être l’organe qui intervient auprès des institutions et élargit l’audience des Francas. C’est à la Fédération de revendiquer une action publique plus volontariste pour le développement de l’action éducative locale. La Fédération doit garantir les relations avec les organisateurs d’activités qui font et représentent les Francas. Mais elle doit aussi permettre plus largement le rassemblement de toutes les personnes morales qui se retrouvent dans leurs ambitions. Elle permet à chacun de nourrir un sentiment d’appartenance à un mouvement national qui conforte son action locale.

Pour construire un Mouvement composé de membres aptes à porter son projet et à agir aux différents échelons, la Fédération doit impérativement : - faciliter, par des outils adaptés, une bonne compréhension des enjeux de société liés à l’éducation, - concevoir une stratégie de communication du projet des Francas qui prend en compte la diversité des publics visés.

Sur la base politique du projet « Éduquer pour demain » développée dans les deux premières parties du texte, il est nécessaire de réfléchir à la stratégie de mise en œuvre du projet pour les cinq prochaines années. Trois éléments fondent la définition des axes stratégiques pour les années 2010-2014 : • Une évaluation de l’action conduite ces cinq dernières années. • Une analyse des évolutions de l’environnement, ainsi que de nos propres évolutions. • Un inventaire des contraintes qui s’imposent à notre organisation, ainsi que de ses atouts Ces axes stratégiques, qui seront validés par l’assemblée générale d’octobre 2009 à Bordeaux, définissent la stratégie de l’ensemble fédéral, et s’imposent donc à chacune des associations départementales. Les associations départementales –et territoriales- membres de la Fédération nationale, à partir de cette feuille de route et en fonction de leurs caractéristiques propres, auront donc ainsi à définir leur propre stratégie de mise en œuvre du projet à l’échelle de leur territoire, ainsi que les modalités d’évaluation de cette stratégie.

  1. Par notre action, faire reconnaître le caractère global et continu de l’éducation

  2. Développer, renforcer l’action au niveau local

  3. Renforcer l’animation du Mouvement

  4. Affirmer le Centre de Loisirs Éducatif comme un élément de base des politiques éducatives locales

  5. Cibler nos actions fédérales

  6. Consolider, renforcer l’assise politique et économique des AD